Jules Verne et la science : visionnaire ou prophète ?
La question revient régulièrement : Jules Verne était-il visionnaire ? La réponse courte est : oui, mais pas de la façon qu'on croit. Il ne devinait pas l'avenir — il le déduisait. Et c'est encore plus impressionnant.
Les prédictions les plus stupéfiantes
Le sous-marin nucléaire. Dans Vingt Mille Lieues sous les mers (1870), le Nautilus est propulsé par une énergie mystérieuse que Verne appelle « l'électricité » mais qui ressemble exactement à de l'énergie nucléaire. Quand les États-Unis ont lancé leur premier sous-marin nucléaire en 1954, ils l'ont nommé USS Nautilus.
Un observatoire victorien de nuit — les académies et sociétés savantes qui ont nourri l'imagination scientifique de Jules Verne
L'alunissage depuis la Floride. Dans De la Terre à la Lune (1865), le projectile est lancé depuis la Floride, retombe dans l'océan Pacifique après avoir orbité la Lune, et transporte trois astronautes. Apollo 11 a été lancé depuis la Floride, est retombé dans le Pacifique, et transportait trois astronautes. La coïncidence est si frappante que des ingénieurs de la NASA ont confirmé avoir lu Verne dans leur jeunesse.
La mondialisation des transports. Le Tour du monde en 80 jours (1872) imagine que des réseaux de transport interconnectés permettent de faire le tour de la planète en moins de trois mois. En 1872, c'était une prouesse extraordinaire. Aujourd'hui on peut le faire en moins de deux jours en avion.
Cap Canaveral la nuit — Jules Verne avait choisi la Floride comme lieu de lancement dès 1865, un siècle avant Apollo
Sa méthode : l'extrapolation rigoureuse
Verne ne devinait pas — il travaillait. Il lisait toutes les revues scientifiques de son époque, assistait aux conférences de l'Académie des sciences, consultait des ingénieurs et des savants. Puis il prenait la technologie existante et l'extrapolait logiquement : si une pile électrique peut faire ça, que pourrait-elle faire en plus grand ? Si un sous-marin militaire peut descendre à 10 mètres, pourquoi pas 10 000 mètres ?
C'est cette rigueur qui le distingue de ses contemporains fantaisistes. Verne ne rêvait pas — il raisonnait.
Ses erreurs aussi sont instructives
Verne s'est trompé sur l'énergie atomique (il ne pouvait pas la prévoir), sur la vitesse des communications (il n'imaginait pas internet), et sur la nature humaine (ses héros sont presque toujours nobles et raisonnables). Ses erreurs montrent les limites de l'extrapolation : on peut prévoir les machines, on prédit moins bien les hommes.
Pour explorer l'œuvre de Verne, commencez par Vingt Mille Lieues, puis Voyage au centre de la Terre et L'Île mystérieuse. Retrouvez notre catalogue ici.