Cyrano de Bergerac — le héros romantique de Rostand, génie de l'épée et de la parole condamné par son nez

Edmond Rostand : Cyrano et le romantisme tardif

Edmond Rostand : Cyrano et le romantisme tardif

En 1897, la littérature française est dominée par le naturalisme de Zola et le symbolisme de Mallarmé. Deux styles qui ont en commun de rejeter le romantisme comme dépassé, naïf, trop grand. C'est dans ce contexte qu'Edmond Rostand crée Cyrano de Bergerac — une pièce en vers alexandrins, avec des duels à l'épée, un héros romantique absolu, et des tirades d'un lyrisme débordant.

Tout le monde lui prédit un four. La première, le 28 décembre 1897, est l'un des plus grands triomphes de l'histoire du théâtre français. Le public ne veut pas partir. Les acteurs pleurent. La critique est stupéfaite. Rostand avait raison contre tout le monde.

La première de Cyrano de Bergerac en 1897 — le triomphe qui fit pleurer tout Paris pendant des heures

La première de Cyrano de Bergerac en 1897 — le triomphe qui fit pleurer tout Paris pendant des heures

Cyrano : la figure impossible

Cyrano de Bergerac est le personnage le plus aimé du théâtre français — et le plus douloureux. Poète génial, bretteur invincible, mais doté d'un nez énorme qui lui interdit de croire qu'il peut être aimé. Il préfère écrire à la place de l'autre les mots d'amour qu'il n'osera jamais prononcer lui-même. Cette figure de l'homme qui se cache derrière les mots, qui offre sa sensibilité à travers un intermédiaire, reste universellement reconnaissable.

Chantecler : la fable méconnue

Chantecler (1910) est la pièce la plus ambitieuse et la plus méconnue de Rostand — tous les personnages sont des animaux, et le héros est un coq qui croit que son chant fait lever le soleil. C'est une allégorie sur l'artiste, l'illusion nécessaire, et ce qu'on perd quand on détruit les belles croyances. La pièce a déconcerté le public qui attendait un nouveau Cyrano. Elle est aujourd'hui considérée comme son chef-d'œuvre le plus profond.

Un coq au chant de l'aube — Chantecler de Rostand, la fable allégorique sur l'art et l'illusion nécessaire

Un coq au chant de l'aube — Chantecler de Rostand, la fable allégorique sur l'art et l'illusion nécessaire

La Princesse lointaine

La Princesse lointaine (1895) est sa première grande pièce — un troubadour médiéval traverse la mer pour rencontrer une femme dont il est tombé amoureux de loin. C'est le romantisme poussé à son point d'incandescence maximal, avec une beauté de langue qui préfigure Cyrano.

Pour compléter votre découverte du théâtre romantique français, Notre-Dame de Paris de Hugo et Dom Juan de Molière sont les deux grands ancêtres. Retrouvez notre catalogue ici.

Back to blog

Leave a comment